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  • Sasha Bouquet

Interview d'Ernesto, Costaricain en étude à Lyon

Le passage aux études supérieures est un changement important. Il peut être compliqué de trouver des études nous correspondant dans notre ville natale, nous voilà donc obligés de partir étudier dans une autre. Parfois, certains font même le choix de se rendre dans un autre pays, leurs motivations pouvant être diverses : découverte d’une nouvelle culture, apprentissage d’une langue, appréhender une formation précise...


Le Studio s’est entretenu avec Ernesto, Costaricain de 20 ans, venu à Lyon pour effectuer une licence « Information - Communication ».


Bonjour Ernesto, tout d’abord peux, tu te présenter ? 👋


Oui bien sûr ! Je m’appelle Ernesto Ballestero Pérez, j’ai 20 ans et je suis né à San José, capitale du Costa Rica. Cependant, j’ai grandi et je vis toujours dans une petite ville assez urbanisée de la vallée centrale, Très Rios. J’ai été élevé dans une famille de classe moyenne, mes parents, lorsque j’avais 5 ans, ont décidé de me mettre au « Lycée Franco-costaricien ». L’apprentissage de la langue française n’est donc pas nouveau pour moi, je la pratique depuis la maternelle.


Au niveau personnel, je suis quelqu’un d’assez réservé et discret, mais je suis tout de même sociable et curieux. Je porte de l’intérêt à des thèmes très divers : les arts, la politique, le sport.

Dis nous en plus sur tes études ! 📚


Je fais actuellement une licence en Information-Communication à l’Université Lyon 2. J’ai intégré cette licence en 2ème année après être passé par un portail « Médias, cultures et sociétés » en première année. J’ai pu suivre des cours de sociologie, d’art du spectacle, d’info-com. J’ai toujours su qu’en 2ème année, je me tournerai vers la communication cependant ça a quand même été intéressant de toucher à d’autres domaines.

Pourquoi as-tu décidé de faire tes études à l’étranger ?


Très bonne question ! Je pense que je voulais avant tout grandir. C’est d’ailleurs ce que j’ai dit à mon père pour le convaincre, il savait que ça allait être dur pour lui et pour ma mère, mais ils m’ont toujours soutenu. Ils ont vite compris pourquoi c’était si important pour moi.


En faite le Costa Rica, c’est vraiment différent de la France, on termine le lycée, mais on ne part pas systématiquement de la maison. En effet, c’est un pays plus petit, toutes les activités sont localisées dans le centre alors, dans la plupart des cas, on aura un lieu d’études qui est suffisamment proche de notre maison. Au Costa-Rica, il est donc normal de rester chez ses parents jusqu’à ses 25 voire 30 ans, d’autant plus que les études, là-bas, sont plus longues, on met pratiquement une dizaine d’années pour effectuer l’équivalent d’un master.


C’est donc principalement pour cela que j’ai quitté mon pays, je savais que je n’allais pas sentir une réelle évolution entre la vie lycéenne et étudiante. Je suis parti pour m’ouvrir au monde, être à l’étranger pour ses études, c’est une expérience tellement enrichissante. Il y a une multitude de choses à découvrir en France, il y a des gens avec des histoires et des origines tellement diverses, c’est vraiment un autre état d’esprit. J’ai jamais été quelqu’un qui aimait prendre des risques, j’ai donc voulu me faire violence et sortir de ma zone de confort. Le choix de la France était comme une évidence, ayant été scolarisé dans un lycée français, j’étais déjà familier avec la langue et la culture.

Comment trouves tu ta vie en France ? 🙄


Jusqu’à présent, le bilan est très positif, je suis bien ici ! Bien sûr, j’ai vécu des moments difficiles, mais dans tous les cas, j’aurai été confronté à ces problèmes un jour ou l’autre. C’est le genre de problèmes que l’on rencontre quand on apprend à se débrouiller tout seul, des expériences qui nous font devenir adulte. Il y aussi des paradoxes assez drôles qu’il faut apprendre à gérer quand on arrive dans un nouveau pays. Par exemple, en France, il faut un compte bancaire pour avoir un numéro de téléphone, mais il faut un numéro de téléphone pour avoir un compte bancaire. J’ai eu la chance d’arriver en France avec plusieurs de mes camarades du lycée français, mon colocataire par exemple est mon ami depuis très longtemps, l’acclimatation a donc été bien plus simple.


Niveau études tout se passe très bien, il faut dire que j’avais l’habitude du système français. D’autant plus que les gens sont très attentifs et à l’écoute, ils aident facilement les autres. Bien sûr, il y a quelques personnes qui ont du mal à intégrer ceux n’ayant pas la même culture qu’eux, mais ils sont une minorité. Pour finir, au niveau économique, je n’ai pas eu de grandes difficultés. C’est vrai qu’au départ, c’est compliqué d’apprendre à se gérer, notamment dans une grande ville comme Lyon où tout est plus cher qu’au Costa Rica, mais je me suis vite habitué.

Est-ce qu’il y a certaines choses du Costa Rica qui te manques en France ?


Oui, il y a de plein de choses qui me manquent. Je suis un garçon très attaché à la maison et à ses habitudes. De nombreuses choses me font donc faute en France : certains endroits que je fréquentais avec mes amis, les biscuits que je prenais avec mon café, les bières locales, les plats de ma mère...


J’ai également un lien très fort avec mes parents et le reste de ma famille, mon petit chien inclus bien évidemment ! Ils me manquent tous, ils sont des supports émotionnels important et entretenir des relations à distance est parfois compliqué.


Interview d'Ernesto Ballestero Pérez, étudiant à l'Université Lyon 2